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Panier

Tous les protagonistes de cette série partagent la même vision du monde : celle du calcul « coûts / avantages » de chaque action et celle de la recherche de profits. L’histoire se déroulerait en 2020 à l’ère du néolibéralisme avancé et de la Startup Nation, les personnages pourraient être un tant soit peu crédibles, et encore, faut le dire très vite.

En l’occurrence, les trois fondateurs de 3615 Monique ont 19 ans en 1981 (l’abolition de la peine de mort est présentée comme anecdotique), sont étudiants et n’agissent déjà que par intérêt personnel. Aucune affinité ne semble lier les trois protagonistes, qui ne s’unissent que pour la complémentarité de leurs compétences (la chef de projet sexy et autoritaire, le geek coincé et le commercial tchatcheur). Bien entendu, les deux types fantasment sur la chef de projet : le geek est transi, ce qui permet à « la belle » de le manipuler, et le tchatcheur n’envisage cette dernière que comme un trophée sexuel à ajouter à son tableau de chasse (« je jure devant Dieu que je vais me la faire »).

On ne croit pas longtemps à ces personnages souvent agressifs, à leurs réactions très violentes, et à cette success-story fabriquée à la sauce story-telling de réseau social. Le plus génant reste la vision du monde néolibérale présentée comme allant de soi et glorifiée.

Une série idéologue : des peignes-culs de la Startup Nation copiés-collés dans des années 1980 qui n’ont de cette époque que le décor et les costumes : les homo-œconomicus y étaient de fait beaucoup plus rares (et plus complexés) qu’aujourd’hui, et plus rares encore sur les bancs de la fac.

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