De l’inconscient structuré comme un langage
au Nom-du-Père :

Lacan, une actualisation de la théorie freudienne

 

 

Sigmund Freud (1856-1939), le père de la psychanalyse, définit dans son ouvrage Métapsychologie, publié en 1915, les concepts de base sur lesquels repose l’élaboration psychanalytique. Il y revient sur les notions de pulsion, d’inconscient, de refoulement ; il y consacre également un chapitre sur le rêve, et un autre sur le deuil et la mélancolie. Jacques Lacan (1901-1981), par sa relecture de Freud, a actualisé certains de ces concepts, notamment avec le mariage qu’il consacre du structuralisme de Saussure1)Ferdinand de Saussure (1857-1913) est considéré comme le fondateur de la linguistique moderne. Il a également posé les bases de la sémiologie. à la psychanalyse, et en développant des concepts comme celui « d’objet a » et de « Nom-du-Père ».
Mais en quoi ce mariage de la psychanalyse à la linguistique fait-il sens ? Pourquoi l’objet a a à voir avec le refoulement et l’inconscient, des concepts élaborés par Freud ? Comment la notion de Nom-du-Père poursuit du côté de la psychose les travaux de Freud sur le deuil et la mélancolie, sur l’inconscient, et reprend la thématique de Totem et Tabou2)Totem et Tabou (1913) est un ouvrage de Freud, dans lequel Freud se pose la question de l’origine de l’interdit de l’inceste et développe le thème du meurtre du père comme fondateur de la Loi (le Totem). autour du meurtre du père ? Enfin, en quoi ces apports de Lacan actualisent la métapsychologie freudienne à l’aune des nouveaux enjeux de la modernité et de pathologies liées à une fonction paternelle mise à mal par un monde qui va de plus en plus vite ?
Nous allons voir comment Jacques Lacan a développé des notions qui s’inscrivent dans le prolongement de la métapsychologie freudienne, ce qui lui fait sembler dire : « Libre à vous d’être lacaniens, si ça vous chante, pour ce qui me concerne, je suis freudien. 3)Assoun P.-L. (2003). Lacan : p. 8.»

En mariant la théorie de l’inconscient de Freud au structuralisme linguistique de Saussure, Jacques Lacan énonce l’idée que « l’inconscient est structuré comme un langage ». Il pense les mots en signifiés et signifiants : le signifié étant l’idée que recouvre le mot ; le signifiant, « l’image acoustique », le « mot-son », révélateur de l’inconscient du sujet qui le prononce.
Par exemple, le signifiant de la phrase « Lacan pense les mots » sera « Lacan panse les maux » ou même « Là, quand pensent les maux ». On pourra alors tenter une interprétation : penser les mots tel que le fait Lacan équivaut à panser les maux, de ce lieu de l’inconscient (là) où se pensent les maux (en mots).
La métaphore et la métonymie lacaniennes ont quelque chose à voir avec les notions de condensation et de déplacement de Freud : se condense dans la métaphore et se déplace dans la métonymie le signifiant, c’est-à-dire l’inconscient du sujet. Les paroles des chansons de Boby Lapointe illustrent bien ce que Lacan désigne sous les termes de signifiés et de signifiants. A titre d’exemple, prenons la chanson Mon Père et ses Verres4)Chanson de Boby Lapointe (1922-1972). Boby Lapointe était un chanteur connu pour ses textes truffés de calembours et de mots d’esprit. :

Signifié : Mon père est marinier dans cette péniche
Signifiant : mari niais paix-niche
Signifié : Ma mère dit la paix niche dans ce mari niais
Signifiant : péniche marinier
Signifié : Ma mère est habile mais ma bile est amère
Signifiant : ta bile ta mère
Signifié : Car mon père et ses verres ont les pieds fragiles
Signifiant 1 : est sévère
Signifiant 2 : et ces vers

Selon la façon dont on scande les mots de ces paroles, on y entend différentes choses ; des sens cachés, sous-jacents, qui sont les signifiants, les révélateurs de l’inconscient pour Lacan.
Le signifiant primant sur le signifié, la gymnastique d’une scansion qui révèle le signifiant est essentielle chez Lacan. En tant qu’il est messager de l’inconscient, il en dit plus et mieux que ce qui est intentionnellement dit : c’est une nouvelle « dit-mension »5)« Dit-mension » : formule de Lacan pour désigner le fait de dire « ce qu’il y a » (voir Assoun P.-L. (2003). « De l’instance de la lettre à la dit-mension », Lacan. Paris, PUF, pp. 43-44. du langage qui est mise au jour par la scansion.

Imprégnée de l’époque du structuralisme, contemporaine de Jacques Lacan, la lecture que fait celui-ci fait de la métapsychologie freudienne l’a conduit à développer un concept qu’il a nommé l’objet a. Il le nomme ainsi car l’élaboration de cet objet est vouée à être toujours en cours, ce qui le rend indéfinissable selon des termes figés. La nomination en termes mathématiques avec le « petit a » permet d’évoquer le fait que cet objet n’est pas un objet réel ou figé, et qu’il se définit selon des concepts psychanalytiques assez abstraits. L’objet a figure tout autant un « lieu » de l’inconscient où s’opère des fonctions de la psyché qu’un objet réel en tant qu’il serait objet de la pulsion.
Lacan le situe dans le lieu de la perte primordiale (comme l’objet transitionnel de Winnicott6)L’objet transitionnel (ou doudou) est un concept de D. W. Winnicott (1896-1971). Il est censé permettre au nourrisson de se séparer de sa mère en apprenant la frustration (voir Winnicott D.W. (1971). « Objets transitionnels et phénomènes transitionnels », Jeu et Réalité. Paris, Gallimard, 1975, pp. 27-64 ), à l’endroit de l’angoisse de castration, et de la pulsion originelle ; dans ce lieu de l’inconscient où se joue le refoulement, l’objet a va être objet de la pulsion mais aussi figurer ce « trou » du manque dans lequel s’alimente le désir. L’objet a est ce qui existe dans le langage et l’imaginaire7)« Imaginaire : dans l’acception donnée à ce terme par J. Lacan, l’imaginaire est un des trois registres essentiels (avec le réel et le symbolique) du champ psychanalytique. Ce registre est marqué par la prévalence de la relation à l’image du semblable. » (voir Laplanche J. et Pontalis J.-B. (1967). « Imaginaire », Vocabulaire de la psychanalyse. Paris, PUF, pp. 195-196.) , à l’endroit de la perte primordiale, et donc du refoulement, ce qui se constitue dans ce trou entre le corps, le langage et l’autre.
L’objet a est la réponse symbolique à l’angoisse de castration, la manifestation pulsionnelle du refoulement, la réponse au sentiment de désaide, de détresse que Freud nomme « Hilflosigkeit8)« Hilflosigkeit » en allemand, traduit par désaide ou détresse : ce terme de Freud désigne le sentiment atavique de solitude de l’homme (voir Freud S. (1927). L’avenir d’une illusion. Paris, PUF, 1995, (72 p.) », il est le désir maintenu dans le fantasme. Il est aussi cause du désir, il est ce qui vient étoffer le manque par un langage inconscient, le fantasme. On voit bien ici comment l’objet a de Lacan représente la manifestation pulsionnelle du refoulement freudien, le symptôme, l’activité fantasmatique et/ou la sublimation. Il s’élabore dans le lieu de l’inconscient où s’est joué le trauma initial, la perte primordiale, d’où s’alimente l’activité pulsionnelle.
Freud dans sa Métapsychologie définit le refoulement comme le processus par lequel un sujet en proie à une pulsion dont le but n’est pas directement accessible va renvoyer ce désir dans son inconscient en y substituant un objet qu’il investira dans le préconscient et le conscient. Cet investissement est le symptôme de ce désir refoulé dans l’inconscient. Le refoulement s’opère dans cette faille de la perte d’objet primordiale, du désir inaccessible, de la pulsion originelle qui devra trouver des moyens détournés d’atteindre son but par le moyen de la sublimation ou du fantasme, ou se manifestera par des symptômes qui porteront en eux la marque du désir initial auquel se substitue un objet autre afin de maintenir refoulé dans l’inconscient le désir et la pulsion originels.
C’est dans cette faille que s’élabore l’objet a, où se joue le désir du sujet. Celui-ci étant inavouable, inacceptable pour le système conscient, il va être refoulé dans l’inconscient, ce qui va produire du symptôme, de la répétition. Puisque la pulsion liée à ce désir doit cheminer jusqu’à atteindre la satisfaction, son but (le repos), elle va, par le mécanisme du refoulement, contre-investir dans le préconscient et le conscient des objets se substituant au désir initial qui vont lui permettre d’atteindre son but. Ces objets investis porteront en eux la marque du symptôme lié au désir refoulé, et/ou de la sublimation.
En tant qu’objet de la pulsion qui s’élabore dans cette faille de la perte d’objet originelle, du sentiment de désaide et de détresse qui y règne, du manque où la pulsion trouve sa source, l’objet a peut s’illustrer par des objets réels. Cela peut être notamment l’objet transitionnel de Winnicott, le doudou. De nos jours, la modernité nous en offre un prototype exemplaire : le smartphone. Il suffit d’observer comment son utilisation pulsionnelle vient remplir cette faille de la solitude inhérente à la condition humaine, chaque fois qu’un sujet a à passer un certain laps de temps seul face à lui-même.
Le smartphone devient à ce moment-là objet de la pulsion, en tant que l’activité pulsionnelle se porte sur cet objet, et aussi instrument du narcissisme, comme si l’écran qu’il pose entre le sujet et le réel, le déplacement qu’il opère de « l’ici et maintenant » du réel dans « l’ailleurs et plus tard » du virtuel, offrait au sujet un miroir qui lui permet de se contempler à travers le prisme de cet objet sans avoir à poser un regard intrasubjectif sur lui-même.
L’activité pulsionnelle qui s’opère sur cet objet réside précisément à l’endroit de la faille dans laquelle s’élabore l’objet a de Lacan. L’objet a peut être identifié à cette faille dans laquelle la pulsion s’alimente et trouve son objet.

Cette faille du refoulement et de l’enfouissement de l’objet a a amené Jacques Lacan à s’interroger sur la question de la perte irrémédiable, et sur la dimension psychotique de cette disparition. Ce questionnement l’a conduit à l’élaboration d’une théorie des psychoses, dans laquelle ce qu’il appelle « la forclusion du Nom-du-Père » occupe une place prépondérante.
Lacan désigne par là le rejet massif, la forclusion de ce nom. Le Nom-du-Père est rejeté et son « non » est inefficace dans le triangle œdipien où le père est censé intervenir pour séparer le petit d’homme de sa mère. Lorsque le Nom-du-Père est forclos, cela prédispose le sujet à la psychose, car la Loi totémique transmise par le patronyme est rejeté. Le « non » à la jouissance avec la mère est irreprésentable et le sujet va délirer le réel pour pouvoir jouir, le refoulement de son désir dans l’inconscient ne s’effectuant pas, corrélativement à ce Nom-du-Père forclos, à ce « non » inopérant dans le triangle œdipien.
De même, le sujet psychotique ne sera pas soumis à l’angoisse de castration comme un sujet névrosé. Dans ce lieu de l’inconscient où la menace de castration joue le rôle du Surmoi, où le refoulement produit du symptôme, où se joue la perte originelle, s’agence pour le sujet psychotique des motions ambivalentes d’amour et de haine pour l’objet perdu d’où découlera une prédisposition à l’état de mélancolie que décrit Freud dans sa Métapsychologie : les investissements de libido attachés à l’objet se retirent de l’objet puisqu’il est perdu, mais au lieu de se déplacer, et d’être investis sur un autre objet, ils se retournent contre le moi. Ce dernier est alors en proie aux conflits que génère l’ambivalence de haine et d’amour pour l’objet.
L’amour pour l’objet est maintenu, alors que celui-ci est perdu, et les sentiments de haine se retournent contre le moi qui s’est montré indigne de l’objet aimé puisqu’il n’a pas su le conserver. Le mélancolique se torture à loisir en s’accusant de tous les maux de la terre, reproches qui s’adressent en réalité à l’objet perdu que le moi continue d’aimer et duquel celui-ci ne s’est pas montré à la hauteur.
La mélancolie est souvent suivie d’un état maniaque, celui-ci étant la conséquence du triomphe du moi face aux motions de haine pour l’objet retourné contre celui-ci. Cet état se manifeste par une exaltation du moi triomphant et une désinhibition dans l’action liée à ce triomphe. « Le moi peut alors savourer la satisfaction de se reconnaître comme le meilleur, comme supérieur à l’objet.9)Freud S. (1915). Métapsychologie : p. 170 »
L’issue à ce délire triomphant du moi sera dans le meurtre symbolique (ou réel) du père, ce qui restaure le Nom-du-Père, la Loi, et stoppe (ou corrobore) le sentiment de toute-puissance du délire, mais occasionne une nouvelle perte qui aura les mêmes conséquences que la précédente.
Le roman de Dostoïevski, Les Frères Karamazov10)Les Frères Karamazov (1880) est le dernier roman de l’écrivain russe Fiodor Dostoïevski (1821-1881). , évoque cette thématique du Nom-du-Père de Lacan, et du meurtre du père que Freud développe dans Totem et Tabou. Le père Karamazov est un père débauché, paresseux, alcoolique et coureur qui néglige ses enfants. Ceux-ci sont au nombre de quatre dont un, Smerdiakov, qui est illégitime. Il y a Alexeï (ou Aliocha), le benjamin, habité par la foi et qui souhaite s’engager sur la voie monastique ; Ivan, qui incarne les idées modernes, athée et révolutionnaire, et Dimitri (ou Mitia), l’aîné, qui se bat avec ses vices et ses vertus, ses pulsions et ses fantasmes. Ce dernier est excessif, dépensier et amoureux. Le quatrième, Smerdiakov, travaille comme cuisinier et domestique pour le père, Fiodor Pavlovitch. Le meurtre de Fiodor Pavlovitch sert de base à l’intrigue du roman.
Dimitri, dont le tableau clinique s’apparenterait à celui d’une personnalité border-line, voire psychotique, s’éprend de la même femme que son père, Grouchenka. Un conflit autour d’un héritage dont il aurait été spolié s’ajoute à la rivalité entre le fils et son père. Dimitri sera accusé du meurtre de ce dernier, bien qu’innocent dans les faits. La subtilité de Dostoïevski réside dans la suggestion qu’en pensées, Dimitri est bel et bien coupable.
Freud a rédigé un article sur ce roman, intitulé Dostoïevski et le parricide11)Freud S. (1928). Dostoïevski et le parricide, préface au roman de Dostoïevski, Les Frères Karamazov. Paris, Gallimard, 1973, pp. 9-28., où il reprend notamment un développement du complexe d’Œdipe : la relation au père est ambivalente. A côté de la haine qui pousse à souhaiter sa mort, existe également une tendresse, un amour. Cette ambivalence conduit à l’identification au père pour pouvoir prendre sa place auprès de la mère. Mais le père rival menace de castration son fils, ce qui est à l’origine d’un sentiment de culpabilité (la menace de la punition jouant le rôle du Surmoi). Si Dimitri n’est pas coupable dans les faits, il l’est dans les pensées au même titre que ses frères, à l’exception du dévot Aliocha, dans le souhait de tuer son père.
Le Nom-du-Père évoque la fonction paternelle, au sens totémique, la Loi. Dans Totem et Tabou, Freud élabore cette idée que la rivalité entre les frères trouve son issue dans le meurtre du père, acte qui a pour conséquence l’érection d’un totem, c’est-à-dire de la Loi, née de la culpabilité de ce meurtre. La Loi n’est pas que l’interdit de l’inceste. Elle est aussi la perpétuation génération après génération de cette Loi, propre à chaque famille, transmise par le patronyme qui en est le totem. Ce que Lacan nomme le Nom-du-Père.
Lorsque Lacan parle de « forclusion de Nom-du-Père », c’est que cette loi, ce totem, est rejeté, le père ne remplissant pas sa fonction. Cette fonction est, entre autres, au stade œdipien de « menacer » l’enfant de castration, pour oser désirer sa mère et souhaiter la mort de son père. L’enfant pourra alors désirer cet objet perdu, le phallus, dont il a besoin ; il pourra ainsi sortir de la prise par sa mère par laquelle il est symbole de son manque d’objet. La menace de castration permet au petit d’homme de désirer ce qui est perdu sur le plan symbolique, sans l’être réellement, et d’introjecter12)« Introjection : Processus mis en évidence par l’investigation analytique : le sujet fait passer, sur un mode fantasmatique, du « dehors » au « dedans » des objets et des qualités inhérentes à ces objets. » (voir Laplanche J. et Pontalis J.-B. (1967). « Introjection », Vocabulaire de la psychanalyse. Paris, PUF, pp. 209-210.) le Nom-du-Père, la Loi. Le Nom-du-Père est transmis et le « non » surmoïque de la Loi (symbolisé par la menace de la castration) est efficace (le père se pose comme tiers désirant et désiré entre la mère et l’enfant). Cela permettra à cet enfant d’être capable de fantasmer dans le réel autour de ce que Lacan nomme l’objet a.

Les concepts lacaniens dont nous venons de parler restent encore très vivants dans le monde actuel : ces dernières décennies, la fonction paternelle en tant que menace de castration jouant le rôle du Surmoi pour le petit d’homme, lui permettant de défusionner d’avec sa mère et d’en finir avec la pensée magique, est mise à mal par les profondes modifications des modes de vie qu’ont amené dans les foyers l’apparition de la télévision et d’internet.
Avec l’attention croissante portée aux enfants (avec le phénomène de l’enfant-roi), ainsi que la remodélisation de la famille nucléaire classique, ces outils ont placé l’enfant grandissant aujourd’hui au centre de visées aussi bien commerciales que publicitaires, et la fonction paternelle se voit diluée par ces outils. L’accès à « tout, tout de suite », avec internet, le culte de la personne et du matérialisme, prolonge le sentiment de toute-puissance du sujet, et le Nom-du-Père (et le « non ») est bien souvent forclos par l’enfant-roi qui devient même, semble-t-il, enfant-objet du désir de ses parents. Avoir des enfants est primordial, être parent importe moins. Pour ces raisons (et d’autres), on voit se multiplier le nombre de personnalités border-line ou psychotiques.
Jacques Lacan, par sa relecture de Freud, a posé la question de la psychose avec le Nom-du-Père et imaginé l’objet a dont les smartphones et les ordinateurs sont des avatars. Aujourd’hui, à sa relecture, il semble lancer un appel intemporel à la psychanalyse, de toujours se poser les questions de sa théorie et de sa clinique à l’aune des transformations de la société et du cadre familial. Être analysant aujourd’hui ne peut pas être la même chose qu’il y a cinquante ou cent ans ; être psychanalyste, non plus.
Lacan semble enjoindre les psychanalystes au travail qu’il a fait en son temps : retourner à la base freudienne pour en extraire la sève qui permet au psychanalyste contemporain, loin de s’enfermer dans une pratique dogmatique de la psychanalyse, de s’adapter à un environnement, un autre et un monde en perpétuelle évolution.

Bibliographie

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Notes de bas de page

Notes de bas de page
1 Ferdinand de Saussure (1857-1913) est considéré comme le fondateur de la linguistique moderne. Il a également posé les bases de la sémiologie.
2 Totem et Tabou (1913) est un ouvrage de Freud, dans lequel Freud se pose la question de l’origine de l’interdit de l’inceste et développe le thème du meurtre du père comme fondateur de la Loi (le Totem).
3 Assoun P.-L. (2003). Lacan : p. 8.
4 Chanson de Boby Lapointe (1922-1972). Boby Lapointe était un chanteur connu pour ses textes truffés de calembours et de mots d’esprit.
5 « Dit-mension » : formule de Lacan pour désigner le fait de dire « ce qu’il y a » (voir Assoun P.-L. (2003). « De l’instance de la lettre à la dit-mension », Lacan. Paris, PUF, pp. 43-44.
6 L’objet transitionnel (ou doudou) est un concept de D. W. Winnicott (1896-1971). Il est censé permettre au nourrisson de se séparer de sa mère en apprenant la frustration (voir Winnicott D.W. (1971). « Objets transitionnels et phénomènes transitionnels », Jeu et Réalité. Paris, Gallimard, 1975, pp. 27-64
7 « Imaginaire : dans l’acception donnée à ce terme par J. Lacan, l’imaginaire est un des trois registres essentiels (avec le réel et le symbolique) du champ psychanalytique. Ce registre est marqué par la prévalence de la relation à l’image du semblable. » (voir Laplanche J. et Pontalis J.-B. (1967). « Imaginaire », Vocabulaire de la psychanalyse. Paris, PUF, pp. 195-196.)
8 « Hilflosigkeit » en allemand, traduit par désaide ou détresse : ce terme de Freud désigne le sentiment atavique de solitude de l’homme (voir Freud S. (1927). L’avenir d’une illusion. Paris, PUF, 1995, (72 p.)
9 Freud S. (1915). Métapsychologie : p. 170
10 Les Frères Karamazov (1880) est le dernier roman de l’écrivain russe Fiodor Dostoïevski (1821-1881).
11 Freud S. (1928). Dostoïevski et le parricide, préface au roman de Dostoïevski, Les Frères Karamazov. Paris, Gallimard, 1973, pp. 9-28.
12 « Introjection : Processus mis en évidence par l’investigation analytique : le sujet fait passer, sur un mode fantasmatique, du « dehors » au « dedans » des objets et des qualités inhérentes à ces objets. » (voir Laplanche J. et Pontalis J.-B. (1967). « Introjection », Vocabulaire de la psychanalyse. Paris, PUF, pp. 209-210.)